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Les musiciens d’hôtel dans une situation critique

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Written by Admin18 | Published in Yo! Building the Future
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13Jul

Certains sont au chômage depuis plusieurs mois tandis que d’autres ont vu leurs prestations réduites
ARTICLE PARU DANS LE MAURICIEN | 10 AOÛT, 2013 – 15:00

L’animation est l’un des premiers secteurs à souffrir de la situation difficile que connaissent les hôtels. C’est le sentiment des musiciens qui ont vu le nombre de leurs prestations réduites, dans le cadre d’une politique de réduction des coûts. Certains sont même au chômage depuis plusieurs mois. Si ce scénario est habituel en basse saison, cette année, la situation est d’autant plus compliquée et semble durer. Qui plus est, l’hôtel n’est pas le seul à faire des économies sur l’animation. Même les pubs et restaurants n’arrivent plus à offrir ce service à leur clientèle.

« Nous sommes dans une zone d’asphyxie, chacun le vit à un degré différent. » Judex Bamboche, chef de file du Kreol Jazz Pioneers, a vu ses prestations dans les hôtels réduites de moitié. Mais il peut encore s’estimer chanceux, puisque d’autres ont tout bonnement été priés de rester chez eux.L’animation dans les hôtels a toujours été un sujet à problèmes. L’absence de cadre légal pour les musiciens, danseurs et autres artistes qui y gagnent leur vie a laissé libre cours aux abus de toutes sortes. Pendant longtemps, les musiciens d’hôtels se sont élevés contre les agents artistiques, communément appelés « contracteurs », qui feraient de gros sous sur leur tête. Aujourd’hui, c’est le boulot tout court, qui se fait rare.

Steeve Deville, reconnu comme un des meilleurs guitaristes de l’île, avoue ses difficultés à vivre de son art. Il estime que le traitement réservé aux artistes relève d’une grande injustice. « Le musicien offre un service au même titre que le serveur ou le bagagiste, par exemple, mais c’est toujours nous qui faisons les frais quand le business va mal. »
Cette « injustice » se fait d’autant plus ressentir en l’absence d’un statut, poursuit-il. « Nous devons toujours travailler en freelance. L’avenir n’est jamais assuré. »

Absence de culture

La situation est d’autant plus compliquée que l’hôtellerie est le seul secteur où le musicien peut gagner sa vie. « Les Mauriciens n’ont pas la culture d’aller aux concerts ou voir un groupe dans un pub », regrette Steeve Deville.
Sans contrat depuis plusieurs mois, ce dernier se dit contraint de chercher des petits boulots dans d’autres secteurs. Ce qui n’est pas toujours évident. « Où se tourner ? Même le secteur de la construction est en crise », fait-il remarquer.
Le bassiste Cédric Arlanda est, lui, rentré au pays après avoir travaillé à Singapour et en Chine notamment. « Là-bas, le traitement est différent. Le musicien est bien considéré et bien rémunéré. Mais j’ai dû rentrer pour des raisons familiales. »
Père de famille, il se retrouve aujourd’hui à la tête d’un orchestre qui ne joue plus qu’une fois la semaine dans un hôtel. « Auparavant, on avait au moins trois prestations, mais depuis quelque temps, on est limité à une. Il faut faire avec. »
Grâce à son ami Alain Auriant, Cédric Arlanda a été appelé à donner des cours de musique aux enfants de l’Atelier Sa nou vize à Rose-Belle, pendant la journée. Ce qui lui permet d’arrondir ses fins de mois.Malgré les difficultés, le jeune homme se dit passionné par ce métier. « Je suis dans ce secteur depuis l’âge de 16 ans. J’ai beaucoup voyagé, j’ai rencontré beaucoup de personnes. Le seul problème c’est qu’il n’y a pas de stabilité. »
En période de crise, les hôtels se limitent souvent à une animation simple, avec un claviériste et une chanteuse par exemple. « Ils appellent ça du piano bar », ironise Steve Deville. Valeur du jour, très peu d’hôtels ont un full band. Judex Bamboche peut lui s’enorgueillir de se produire encore avec son groupe, même si le nombre de prestations a baissé. Il ne manque pas d’ailleurs de remercier les partenaires actuels pour leur soutien jusqu’au bout, malgré la conjoncture difficile. « Si les Kreol Jazz Pioneer sont encore là, c’est sans doute parce que nous proposons quelque chose de différent. »
Alain Auriant estime, lui, que c’est « very unfair » de supprimer l’animation en temps de crise car c’est un service comme un autre. Il établit un parallèle avec les autres pays où les artistes sont reconnus pour leur travail. Il cite l’exemple de Dubaï où les hôtels gardent leurs musiciens même en période de Ramadan. Beaucoup de chanteurs et musiciens mauriciens se sont d’ailleurs tournés vers ce pays pour mieux gagner leur vie.

 

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