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CONFERENCE POUR REVERDIR LE PAYS EN JANVIER 2018

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11Oct

CONFERENCE POUR REVERDIR LE PAYS EN JANVIER 2018

Une Conférence sur le thème « Greening Mauritius » se tiendra au début de l’année prochaine. Cela se fera en marge de la célébration des 50 ans de l’Indépendance, et elle servira de plateforme pour écouter, et  échanger les propositions visant à reverdir nos villes et nos villages. C’est ce qu’a annoncé Mahen Seeruttun, ministre de l’Agro-industrie et de la Sécurité alimentaire, le lundi 9 octobre 2017, lors de l’inauguration de phase I du Château Mon Plaisir au Jardin de Pamplemousses.
Cette conférence débouchera sur la rédaction d’un document sur  la politique à adopter pour reverdir l’ile Maurice; ce document sera connu comme le « Greening Mauritius Policy Paper ». Ce document aura pour but de définir cette nouvelle vision, la stratégie et les moyens à mettre en œuvre pour son implémentation.
Le ministre Seeruttun dit qu’un secrétariat « Greening Mauritius » a déjà été constitué à son ministère. Dans la foulée, il devait inviter ceux et celles qui veulent contribuer à cette vision, ou à la conférence, de prendre contact avec le ministère.
Ci-dessous le discours dans son intégralité :
« Comme pour tous les Mauriciens, le Jardin de Pamplemousses est un patrimoine national qui m’est très cher.
Avoir un Jardin Botanique de classe mondiale est une grande fierté pour toute la Nation mauricienne, et il est tout à fait naturel que j’accorde beaucoup d’intérêt à ce Jardin.
Après plus d’une année de travaux, c’est avec un grand plaisir que je vous adresse cet après-midi, dans ce château fraîchement rénové.
Je vais d’abord échanger quelques points de vue sur le Jardin de Pamplemousses, et dans un 2ème temps je partagerai mes idées pour une nouvelle politique pour la conservation de la nature, et pour reverdir les villes, et les villages de notre pays.
J’ai écouté avec intérêt le tracé historique, extrêmement instructif, du Jardin de Pamplemousses et du Château Mon Plaisir que nous a dressé Monsieur Emmanuel Richon.
Il a également mis en valeur l’importance de la botanique pour l’humanité au cours de ces derniers siècles, et de sa contribution sur un plan scientifique.
Parmi tous ces  grands personnages qui ont été associés à la belle histoire du Jardin de Pamplemousses, je voudrais m’attarder un instant sur Pierre Poivre qui, jusqu’à aujourd’hui, est resté une personnalité relativement méconnue.
Cet homme qui a réussi, non seulement à démanteler le monopole économique des épices détenu par les Hollandais, mais qui a ensuite propagé le muscadier, le giroflier, le cannellier et d’autres arbres à épices dans toutes les îles tropicales du Royaume de France de l’époque.
Il aurait dû, je pense, rien que pour cet incroyable projet, être bien plus connu chez nous….. sans parler de tout le fantastique labeur accompli par lui à l’île de France comme administrateur de 1765 à 1772 !
Et sans parler également de son anti-esclavagisme notoire !
La question que je me pose…
Ne serait-il pas temps de se pencher sérieusement sur l’histoire, et la vie de Pierre Poivre?
Je suis persuadé que le 21e siècle a terriblement besoin de prendre en exemple cet homme qui s’est dévoué avec vigueur à la défense de la biodiversité et à sa libre utilisation.
Sitôt que j’avais pris les commandes de mon Ministère, j’ai fait le triste constat que Le Jardin de Pamplemousses était en grand danger.
Cela, en raison d’une certaine dégradation, du manque d’entretien, symptômes d’une organisation qui ne fonctionnait pas.
Il n’est pas exagéré de dire que le Château Mon Plaisir était tombé en ruine!
Vous le savez, je pense, que le Château était fermé en raison de son état de délabrement.
Il était même devenu dangereux de s’y aventurer.
Avec le Trust du Jardin, et les services de mon ministère, nous nous sommes attelés à la sauvegarde de ce patrimoine précieux, Jardin et château.
C’est un travail de longue haleine qui a démarré il y a deux ans, et aujourd’hui marque une étape importante avec la fin de la rénovation du château dans sa phase 1, en vue de sa réouverture prochaine au public.
La rénovation du Château Mon Plaisir s’inscrit dans le cadre d’un projet plus grand, qui est celui de la réhabilitation du Jardin de Pamplemousses dans son ensemble.
Ce travail a commencé par une initiative du nouveau Conseil d’administration du Trust du Jardin, qui, en décembre 2015 avait invité, Monsieur Gilles Clément, botaniste et paysagiste de réputation mondiale, pour faire un diagnostic de l’état des lieux et pour faire des préconisations d’orientations du  Jardin.
Je salue d’ailleurs cette initiative du Trust.
Gilles Clément a soumis un rapport, et j’ai eu l’occasion de le rencontrer pour discuter de ses recommandations, entre autres choses.
Pour comprendre dans quelle direction s’inscrit la réhabilitation du Jardin de Pamplemousses, je trouve utile de partager avec vous quelques points de cette étude.
Du Jardin de Pamplemousses,  Gilles Clément dit, que je cite : « rares sont les jardins dont la surface, la richesse et le rapport à l’Histoire peuvent se comparer au site exceptionnel de Pamplemousses »
Plus loin il poursuit,
« Un jardin est toujours en rapport avec l’évolution (dans tous les sens du terme) et, sauf à se limiter à une fonction de musée, il aborde les questions de notre temps, parfois aussi il anticipe le futur.
La politique d’orientation du site de Pamplemousses doit pouvoir faire au bénéfice des fonctions élémentaires du “jardin”: accroître la connaissance du vivant et de son évolution dans le cadre composé ou se mêlent la beauté des paysages, l’expression de la diversité et le plaisir de la promenade.
Elle doit aussi se faire en rapport avec les oscillations climatiques, économiques et sociétales. C’est dans l’objectif de maintenir le rôle attractif du jardin en tant que source d’intelligence et de sérénité à l’échelle planétaire. » (Fin de citation)
Outre l’aspect paysager, Gilles Clément fait ressortir que la pédagogie est « la charge la plus importante qui revient au Jardin de Pamplemousses qui devrait jouer dans l’océan Indien un rôle aussi fort que le Jardin de Kirstenbosch au Cap, ou le Botanical Garden de Cambera en Australie »
Sur la question de pédagogie, il propose  qu’avec le Château Mon Plaisir et d’autres bâtiments existants, Pamplemousses puisse bénéficier d’une structure d’accueil capable de mettre en place une pédagogie du « jardin planétaire » en se prêtant à plusieurs exercices : consultations d’archives, accès internet, cours, ateliers, conférences, expositions.
Je sais que le Trust a institué un Comité pour réfléchir, et pour faire des propositions sur la destination du Château une fois la restauration complétée.
En ce qui me concerne, une fonction du Château Mon Plaisir axée sur la pédagogie, tout en permettant son accès au public est un excellent point de départ de la réflexion sur son devenir.
J’ai aussi écouté avec attention la présentation de Monsieur Tin, porte-parole de Monsieur Maestracci, à qui a été commanditée une étude pour la réhabilitation du Jardin.
Monsieur Maestracci a eu le mérite de faire des recherches pour comprendre comment était le Jardin à son origine, et comment il a évolué avec le temps.
La comparaison entre le Jardin d’aujourd’hui et celui d’hier montre heureusement que le caractère de Pamplemousses a conservé toute sa force à travers le temps ; mais il y a eu certaines déviations, voire régressions qui sont regrettables.
Mais heureusement pas irréversibles.
Comme je le soulignais plus tôt, Le Jardin de Pamplemousses, demeure pour moi une grande priorité, et
je demande au Trust du Jardin d’entamer les démarches nécessaires pour que les travaux de réhabilitation et de transformation soient entrepris dans les meilleurs délais.
Comme dans le cas de la restauration du Château Mon plaisir, j’attends avec impatience le jour où, non pas, on m’annoncera le lancement du projet, mais le jour où l’on m’annoncera les premiers résultats tangibles. Ce sera pour moi une grande satisfaction.
J’ai compris que c’est un travail qui va s’échelonner sur le court, moyen et long terme.
Cela demande donc du temps – de l’argent bien sûr – mais aussi des ressources adéquates et compétentes pour que le Jardin puisse fonctionner comme un jardin botanique digne de ce nom, avec la mission qui est la sienne.
Ce qui m’amène à demander au Trust du Jardin ainsi qu’aux services de support de mon ministère de s’assurer, une fois encore dans les meilleurs délais, à ce que le Jardin de Pamplemousses se dote d’une organisation en adéquation avec sa mission.
Je sais qu’un exercice de réorganisation est en cours, et que le recrutement du personnel a déjà commencé.
Nous sommes actuellement au mois d’octobre, et il est souhaitable que d’ici la fin de cette année la nouvelle structure organisationnelle soit en place, afin de pouvoir relever pleinement le défi de la rénovation et de la transformation du Jardin.
Il est important que le Jardin de Pamplemousses retrouve toute sa splendeur, car nous ambitionnons de faire de ce jardin le joyau de la couronne.
Il faut qu’il y ait accord entre la majesté du Jardin de Pamplemousses, et la beauté du pays; pays qui pour moi est la couronne sur laquelle devrait se poser le joyau…
Ce qui m’amène à vous faire part de mes idées pour reverdir nos villes, et de nos villages, et protéger la nature.
Nous avons aujourd’hui à l’Ile Maurice un nombre plutôt restreint de Jardins, de forêts tropicales, et d’espaces vert en général.
Il est un fait que seulement 2% de notre forêt tropicale d’origine a survécu à ce jour…
De nombreux facteurs ont contribué à la raréfaction des espaces verts naturels, des forêts, et à la paucité des jardins publics.
Pendant la période coloniale, les forêts ont été converties en plantation de cannes, et les arbres endémiques ont été abattus pour construire des maisons, et réparer les bateaux qui faisaient escale à l’Ile Maurice.
Au cours des dernières décennies, plus particulièrement pendant la période qui a suivi l’Indépendance, le pays a connu une urbanisation intense.
C’est vrai que nous avons su adopter des stratégies appropriées pour le développement économique du pays, pour la création de nouveaux secteurs d’activités générateurs d’emplois. Cela a permis une amélioration des conditions de vie des Mauriciens.
Mais 50 ans après notre accession à l’Indépendance, il est opportun de se poser la question sur l’équilibre à maintenir entre développement économique d’une part, et préservation de la nature, embellissement de l’environnement, et la création d’espaces verts d’autre part.
Comme beaucoup ici ce soir, je crois profondément que cet équilibre est précieux, et que développement et espaces verts ne sont ni antinomiques, ni incompatibles.
C’est vrai que récemment encore, à Rose Hill, cet arbitrage entre espaces verts et modernisation du pays, s’est prononcé en faveur du développement.
C’est une raison supplémentaire pour que, à cette date d’anniversaire de 50 ans, encore jeune pour une Nation, j’exprimerai donc mon souhait pour qu’elle soit marquée par le passage à une ère nouvelle; une ère où l’on viendrait apporter à la nature, aux arbres, aux plantes une considération plus importante dans notre environnement que ce soit à la ville ou à la campagne.
Ce souhait se traduira par une nouvelle politique du Gouvernement pour reverdir notre paysage urbain, pour la création de nouveaux jardins, et d’espaces verts, et pour la préservation de notre héritage naturel.
Dans un monde qui va peut-être un peu trop vite, le citoyen a besoin de plus en plus se connecter avec la nature dans sa quête de bien-être, et dans sa poursuite du bonheur….
Mon ministère a déjà élaboré deux plans stratégiques s’étalant sur les dix prochaines années pour la protection de notre biodiversité à savoir, le Protected Area Network Expansion Strategy et le National Biodiversity Strategy and Action Plan.
Ces deux plans stratégiques ont en commun la protection et la survie de notre faune et flore endémique.
Un des moyens d’atteindre cet objectif est d’augmenter la superficie de notre forêt endémique de 2% actuellement à 12%.
Parallèlement, il est prévu d’augmenter nos zones protégées incluant nos forêts, parcs nationaux, réserves naturelles, sites Ramsar, et autres.
Concilier développement économique, et embellissement de l’environnement est possible comme l’a démontré Singapour au fil temps, en réalisant la vision de Garden in the City, telle que l’avait formulé Lee Kwan Yew.
A Maurice, nous avons tous les atouts pour devenir une Ile-Jardin, concept mis en avant par Pierre Argo, dans une proposition qui intègre patrimoine, culture, nature et environnement.
Comment faire pour que cette idée d’ile-Jardin devienne une réalité?
Concrètement, nous organiserons une Conférence sur le thème « Greening Mauritius » en début de l’année prochaine.
Cela se fera en marge de la célébration des 50 ans de l’Indépendance, et cette conférence servira de plateforme pour écouter, et  échanger les propositions visant à reverdir nos villes et nos villages.
Cette conférence débouchera sur la rédaction d’un document sur  la politique à adopter pour reverdir l’ile Maurice; ce document sera connu comme le « Greening Mauritius Policy Paper ».
Ce document aura pour but de définir cette nouvelle vision, la stratégie et les moyens à mettre en œuvre pour son implémentation.
Un secrétariat « Greening Mauritius » a déjà été constitué à mon Ministère, et j’invite ceux et celles qui veulent contribuer à cette Vision, ou à la conférence, de prendre contact avec nous.
Pour conclure, j’aimerai partager avec vous une citation de Pierre Rabhi, l’un des pionniers de l’agriculture écologique en France : Je cite
«Pour que les arbres et les plantes s’épanouissent, pour que les animaux qui s’en nourrissent prospèrent, pour que les hommes vivent, il faut que la terre soit honorée. »
Fin de citation
Je vous remercie de votre attention »

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